MÉLUSINE

LES RENDEZ-VOUS DE LA HALLE SAINT-PIERRE, JANVIER 2026

ART, POLITIQUE ET SURRÉALISME

10 janvier 2026

Conférences de l’Association pour la recherche et l’étude du surréalisme (APRES)

organisées par Françoise Py
à la Halle Saint-Pierre, le deuxième samedi du mois de 15h à 18h.

Page de la Halle Saint-Pierre, janvier 2026

Surréalisme, Art et Politique

Maurice Coton, secrétaire de l’Association Atelier André Breton, remercie tous les intervenants et annonce le programme de la séance :

  • Le surréalisme dans l’entre-deux-guerres au XXe siècle : de la révolte à la révolution, par Gérard Roche, président de l’Association des Amis de Benjamin Péret (texte disponible lu par Jean-Luc Gillet, membre du bureau de l’Association des Amis de Benjamin Péret).
  • L’expérience de la FIARI (Fédération internationale pour un art indépendant) dans les années 1930 par Philomène Troullier, étudiante, autrice d’un mémoire sur ce thème (texte de l’intervention et mémoire disponible).
  • De la revue Le 14 juillet publiée en 1958, jusqu’au Manifeste des 121, Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, par Jérôme Duwa, docteur en Histoire de l’art contemporain, auteur d’ouvrages sur le surréalisme et les avant-gardes (texte non disponible).
  • Les différentes formes militantes adoptées par les surréalistes pendant Mai 68 et la façon dont le surréalisme a inspiré des groupes militants par Anne Foucault, docteure en Histoire de l'art contemporain, autrice de l’ouvrage Histoire du surréalisme ignoré (Hermann, 2022). Échange avec le public. (Anne n’a pu être présente, son thème a été énoncé sans être développé). Quand et comment le Surréalisme s’est-il engagé dans le combat révolutionnaire sur le terrain de l’action politique, alors qu'il apparaît d’abord comme un mouvement littéraire et artistique anticonformiste issu de la Première Guerre mondiale, en révolte contre ses ravages et son absurdité, contre les nationalismes et la pensée rationaliste ? Défini par André Breton en 1924 tel « un automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. », le surréalisme ne laisse entrevoir aucune intervention sur le plan éthique et politique.

Les intervenants de la séance montreront comment tout au long de son histoire se sont déroulées les différentes étapes qui ont conduit le groupe surréaliste à suivre à la lettre, non sans de rudes adversités, la fameuse formule de Breton : « Transformer le monde, a dit Marx ; changer la vie, a dit Rimbaud, ces deux mots d’ordre pour nous n’en font qu’un ».

Maurice Coton présente Jean-Luc Gillet qui remplace Gérard Roche, président de l’Association des amis de Benjamin Péret et directeur de publication des Cahiers Benjamin Péret – 14 numéros parus à ce jour sur ce poète qui incarne sans doute l’engagement révolutionnaire surréaliste le plus lumineux.

Gérard Roche, Le surréalisme dans l’entre-deux-guerres au XXè siècle : de la révolte à la révolution

Comment le groupe surréaliste est-il passé, dans la période de l'entre-deux guerres, de la révolte à la révolution ?

Maurice remercie Jean-Luc et Gérard et présente Philomène Troullier, jeune autrice du mémoire de master Défendre un art politique dans la France des années 30, l'expérience de la section française de la Fédération indépendante pour un art révolutionnaire indépendant.

Défendre un art politique dans la France des années 1930

Alors que l’art et l'engagement révolutionnaires sont distincts l'un de l'autre en même temps qu'intimement liés pour la plus grande liberté, le surréalisme s'engage pleinement dans le combat politique contre le capitalisme, le nazisme, le fascisme, le franquisme et le stalinisme. Comment la Fiari - Fédération internationale pour un art indépendant - pour laquelle le surréalisme a voulu jouer un rôle majeur à la veille de la Seconde guerre mondiale au sein d'un mouvement antifasciste et antistalinien, cherche-t-elle à entraîner les artistes et intellectuels révolutionnaires dans ce combat politique et existentiel pour l'art indépendant. Quel est le rôle des surréalistes ?

Philomène Troullier présente « L’expérience de la FIARI (Fédération internationale pour un art indépendant) dans les années 1930 (L’expérience de la section française de la Fédération Internationale pour un Art Révolutionnaire Indépendant (FIARI))

Maurice remercie Philomène et présente Jérôme Duwa, docteur en Histoire de l’art contemporain et auteur de nombreux ouvrages sur le surréalisme et les avant-gardes.

Maurice énonce qu’après-guerre, deux ans après son retour d’exil américain, Breton dit à un meeting parisien : « Ouvrez les prisons… licenciez l’armée ; je tiens cette injonction pour aussi valable en 1948 qu’en 1925 ». Le surréalisme continue à soutenir l’internationalisme et à revendiquer la libération de l’esprit, contre les oppressions, le colonialisme, la bureaucratie stalinienne..., mais il n’apparaît plus guère sur les devants de la scène culturelle anticapitaliste, occupée par les écrivains et intellectuels du parti communiste, avec lesquels Breton, Péret et les nouveaux poètes et artistes venus les rejoindre ne renoueront aucun lien. Découvrant l’œuvre de Charles Fourier, à « transformer le monde, changer la vie », Breton ajoute « et refaire de toutes pièces l’entendement humain ». La guerre d’Algérie remettra le surréalisme plus en lumière.

Jérôme Duwa, docteur en Histoire de l’art contemporain et auteur de nombreux ouvrages sur le surréalisme et les avant-gardes, se saisit des revues publiées par les surréalistes ou auxquelles ils participent, en montrant les instruments qu’ils mettent en œuvre pour peser dans les luttes émancipatrices. Il part de la revue antigaulliste et anticolonialiste Le 14 juillet publiée en 1958, dirigée par Jean Schuster et Dionys Mascolo, pour nous mener jusqu’à la Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, plus connue sous le nom de Manifeste des 121, intellectuels, universitaires et artistes, dont bien sûr des surréalistes.

Maurice présente Anne Foucault (absente à la séance), docteure en Histoire de l’art contemporain, autrice de l’ouvrage Histoire du surréalisme ignoré, Autrice de « Histoire du surréalisme ignoré (1945-1969) / du Déshonneur des poètes au surréalisme éternel ». Elle aurait abordé les différentes formes militantes adoptées par les surréalistes pendant l’effervescence de Mai 68. Et en miroir, de quelle façon le surréalisme a pu inspirer des groupes militants politiques d’extrême-gauche dans les années qui suivent Mai 68.

La séance s’achève par des interventions dans le public et un échange avec les intervenants.